Un peu d’histoire

MARANGE SILVANGE TERNEL

Marange n’a pas toujours été la petite commune tranquille que nous connaissons aujourd’hui !

Comme tout site boisé, les Côtes de Moselle, avec leur relief, abris et éperons rocheux, attirèrent les anciennes populations.

Au lieu-dit « Les Hattes » (huttes, habitations), on a découvert des traces de civilisations préhistoriques, notamment par la présence d’une pierre de serpentine d’une moitié de ciseaux en fer et surtout par l’occupation du terrain en forme de dénivellations, laissant supposer des habitations bien organisées et structurées.

Certaines étymologies gaéliques de nos lieux-dits laissent à penser une occupation continue avant la période romaine, voire gauloise.

Une des hypothèses les plus plausibles est que Marange fut un lieu de culte gaulois lentement assimilé au panthéon romain et finalement dédié au Dieu Mars (Marvia en latin), dieu de la guerre.

On retrouve en effet, dans un  écrit daté de 1236, l’appellation de Marvia por Marange. Ce ne serait pas un cas isolé puisque Marville, village du canton de Montmédy, a la même, origine.

Quant à Silvange, orthographié Sylvange jusqu’au milieu du 19ème siècle, prouvant par là son étymologie latine (sylva = forêt), on sait peu de chose sur son origine ; mais son emplacement favorable sur une butte dominant la Moselle et la proximité de la Voie Romaine, ainsi que son appartenance à Rombas jusqu’à la Révolution, nous laisse supposer que ce hameau (qui ne comptait que 73 habitants en 1813), ait pu succéder à un camp militaire  romain servant de poste d’observation avancé pour le compte de la garnison de la Tour de Drince.

Les premiers écrits officiels mentionnant Marange datent de janvier 739 et en font la propriété personnelle de Pépin-le Bref.

L’on retrouve Marange sous la coupe carolingienne, lié à Thionville (dont nous ne serons séparés qu’à la Révolution).

L’Histoire nous fit connaître bien des surprises et des tourments. D’un domaine personnel des rois de France, Marange devient devint propriété des Comtes de Luxembourg (avant 936), puis bourguignonne (1443) et espagnole (1477) avant de devenir française en 1659.

Marange n’était pas un village comme tant d’autres, mais une place forte avancée et presque isolée en territoire ennemi en ces siècles de troubles, où avant d’être française, elle était un bastion luxembourgeois face à Metz et au duché de Lorraine.

La démographie est là pour prouver le passé glorieux de Marange : en 1521, la localité comptait déjà 600 habitants ; en 1789, la population y était d’environ 1000 âmes alors que Pierrevillers n’en comptait que 400, Norroy 650, Saulny 350, St-Privat 300, Ste-Marie 300, Malancourt 200 et Amnéville 30 habitants.

Française depuis plus de trois siècles, Marange-Silvange retrouve son histoire liée à celle de la Lorraine, marquée par les guerres mais aussi par l’industrialisation due à la richesse de son sous-sol.

Une première galerie de mine fut ouverte à Ternel en 1863 suivie d’une autre en fond de vallée, exploitée jusqu’en 1931 pour alimenter les usines de Maizières-lès-Metz. Le 20ème siècle aura été pour Marange-Silvange une période industrielle, succédant ainsi à des siècles d’exploitation agricole principalement axée sur la vigne.